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Angoisse de la page blanche

Une oeuvre parfaite


Je veux tellement faire quelque chose réussi que je ne fais rien.


Cette angoisse de la page blanche - de son autre nom leucosélophobie - concerne aussi bien les écrivains, les compositeurs, les peintres... C'est la peur de l'artiste qui met tellement d'espoir, d'attente, de perfection dans ce qu'il conçoit, que finalement il ne fait rien du tout. Puis scotché devant sa page, feuille, toile, se pense nul alors qu'il voudrait faire quelque chose génial. La confiance en soi en prend un gros coup, puisque l'on ne fait rien. L'oeuvre espérée n'est même pas une esquisse. La page reste blanche, carnet fermé, mains et têtes toutes tristounes.


Qu'est-ce qui bloque?


Qu'est-ce qui fait qu'on n'arrive pas à prendre un crayon, un pinceau et à se lancer? Je vais parler là des expériences vécues et des retours que j'ai pu entendre. Souvent des histoires de pensées limitantes. Certain.e.s disent et pensent: je ne sais pas dessiner, je ne sais rien faire de mes mains, les arts créatifs n'ont jamais été pour moi. D'entrée de jeu, c'est foutu. Et c'est bien dommage. Peut-être qu'il serait déjà bon de se demander si oui ou non j'ai envie de dessiner un petit truc, ou bien envie d'essayer la peinture. Déjà, avant de se bloquer le cerveau en pensant qu'on n'en est pas capables. Envie ou pas envie? Si oui, il y a plein de moyens en arts plastiques, techniques et exercices pour dédramatiser avec la page blanche et le crayon dans la main. Dans un prochain article, je partagerai quelques pistes pratiques si tu te poses ces questions.

  • Comment trouver l'inspiration pour peindre ou dessiner?

  • Quelle type de peinture utiliser quand on commence à peindre?

  • Comment trouver un sujet? Quoi peindre?

  • Comment trouver de l'inspiration pour dessiner ou peindre?

  • Comment faire pour avoir de l'imagination?



Je sais faire mais là je n'ai plus l'inspiration


Aussi, certaines personnes, baignées plus ou moins dans l'art, les arts créatifs, les arts manuels arrivent parfois dans des impasses. Je connais ça. Un moment j'étais à fond dans la peinture et puis quelques années plus tard, plus rien, blocage. Un moment j'étais à l'aise avec les couleurs, les pinceaux et puis je laisse la peinture de côté pour un tas de raisons et je me retrouve à repartir de zéro. Toute coincée, en manque de confiance.


Comment trouver l'inspiration et l'élan pour peindre?


Dans ce cas, il y a des moteurs, des sources d'inspirations, des déclencheurs, si si. Je vous raconte du vécu ici, une anecdote. Quand j'ai eu fini les études en école d'art, j'étais à saturation. Je n'avais plus de place pour digérer tout ce qui concernait le milieu artistique, gavée. Donc j'ai mis au placard pendant quelques années Dessin et Peinture - 2 compagnons chéris pourtant. Et puis, quelques quatre années plus tard, c'était le moment pour moi de redécouvrir tout ça: la création, les formes libres sur la papier, les mélanges de couleurs. J'avais très envie. Mais j'étais assez mal à l'aise, empotée, pas douée. Complexée de la créativité et des mouvements libres.


Deux choses m'ont énormément aidée à décomplexer à fond: les inspirations extérieures et le modèle de spontanéité des enfants.


Pour les inspirations extérieures, je vous partagerai dans ce blog, les idées qui m'ont aidées à me lancer dans la création. Cela peut être des thèmes en particulier, des techniques en arts plastiques, des lectures... je partage ça avec grand plaisir. J'essaierai d'illustrer au maximum avec des dessins et peintures que j'ai faits. Ça me plait bien de parler ici de ce que j'ai éprouvé pleinement, physiquement, avec sensibilité.



La spontanéité des enfants quant à elle personnellement je la trouve magnifique, magique et inspirante. Jusqu'à un certain âge du moins, car rapidement les complexes arrivent, les jugements péjoratifs sur ses créations et les comparaisons à une certaine norme. Mais en tout cas, jusqu'à la pré-adolescence, l'élan créatif des enfants est une vraie bouffée de fraîcheur. Pour les expériences vues dans les classes de maternelle et primaires et en ateliers d'art, les enfants sont tellement libres, entiers et vivants dans leur manière de dessiner ou de peindre.



Prenons une leçon toute fraîche: pas de repentir, pas de jugement négatif, pas de complexe. Au contraire, ils y vont tout droit: dans leurs idées, avec les couleurs qui les attirent sur le moment, avec leur énergie, dans leur monde imaginaire et sans norme. Pour celles et ceux qui le peuvent, je vous invite à dessiner et peindre parfois comme si vous étiez enfant. Vous-enfant.


On laisse de côté ses représentations stéréotypées, ses exigences du figuratif, ses appréhensions de mal faire. Et on fait des gammes, des taches, des esquisses. On peint juste comme ça pour voir, on dessine ce qui nous passe par la tête ou sous la main.


Juste une mise en garde sur le fait que cet exercice peut venir titiller des endroits sensibles en nous, ça peut être très fort comme expérience. Interrogez-vous pour savoir si c'est ok pour vous pour vous livrer comme ça, en vous-enfant. Si oui, c'est parti. Si ce n'est pas le bon moment, ça le sera peut-être une prochaine fois. Être sympa avec soi... surtout! Ici j'ai peint le visage du bébé que je sentais dans mon ventre. Peinture très rapide, spontanée et surtout en accord avec ce que je ressentais à ce moment précis.



Comment lâcher-prise?


C'est se déconnecter du mental. Faire un pas de coté, sortir des rails. Renoncer à un projet précis et accepter le hasard, l'imprévu.

Evelyne Odier, Créer dans le lâcher-prise, Arts plastiques et imaginaire



Se concentrer sur les ressentis

Au moment où l'on se lance, c'est fou ce qui se passe. On débranche le cerveau, on fait confiance à son corps. 100 % confiance en sa main qui est le guide. Cela aide de se concentrer sur ses ressentis sensibles.


  • Qu'est-ce que ça fait dans la main quand j'appuie ou j'allège la pression sur le crayon?

  • Qu'est-ce qui se passe au niveau de mon bras et mon corps tout entier?

  • Est-ce que j'ai besoin d'être concentré.e sur de petits mouvement et à un endroit précis du support?

  • Ou bien est-ce que je sens une énergie explosive ou débordante qui a besoin de beaucoup plus de place? Dans ce cas, peut-être changer de support, mettre un grand papier au sol, se déplacer autour et dedans.


Ici, la plasticienne et danseuse Trisha Brown en plein dessin. Question format...on a de la marge.


On peut questionner chacun de nos sens.

Qu'est-ce que ça fait quand j'étale cette couleur à côté de celle-là? Ou simplement quand je vois ce vert, ça fait quoi aux yeux et au corps? Le vert des forêts me fait du bien aux yeux. J'adore la douceur du rose. Et vous?


Quel bruit et quel ressenti avec les pastels sur le papier, les pinceaux qui caressent plus le papier que les crayons ou les fusains. L'odeur et le goût, ça c'est une histoire d'enfance, de régression et de passion. L'odeur génialissime des boîtes de crayons de couleurs enfant. L'odeur autrement génialissime de la peinture à l'huile et de l'essence de térébenthine. Le goût imaginé jamais testé de la peinture. À quand la peinture comestible?


Respiration et gestes


Autre chose qui peut aider aussi à se lancer dans le néant de la page blanche: la respiration et les gestes. La sophrologie propose plein de techniques de respiration. La musique peut aussi nous guider pour trouver un rythme, pour dessiner librement en fonction des sons que l'on entend..


J'ai souvent fait l'expérience que mon corps se figeait ou bien simplement je ne me sentais pas vraiment libre de mes mouvements. En dessin et en peinture, on sent vite si blocage ou si fluidité. Le mouvement du corps entier guide le bras, la main, la pensée: c'est mon ressenti. Se mettre debout, bouger les bras, les jambes, le corps. Faire des rotations avec sa tête pour détendre la nuque. Tout ça peut aider à lâcher les tensions et se mettre dans le dessin avec plus de facilité et fluidité. Ici j'ai peint avec de l'aquarelle sur papier mouillée. J'aime beaucoup cette technique, très fluide et au rendu plein de surprises. Avec l'eau, l'encre est beaucoup plus diffuse, on est obligatoirement moins dans le contrôle puisque l'eau et la couleur se répandent d'elles-mêmes.



La danse


J'adore danser tout court. Mais la danse avec le dessin ou la peinture, c'est tellement libérateur. Je ne peux que le conseiller et le partager. Imagine, tu mets une musique que tu aimes, tu es seul.e, tu danses tranquilou, et quand ça te chante, tu mélanges ces couleurs parce qu'elles sont belles - tu les aimes quoi- et tu essaies de voir ce que ça fait quand tu prends un pinceau et que tu poses la couleur avec. Dit comme ça, tu peux quitter les complexes, les gênes, les petites voix. Simplement, tu peux voir ce que cela fait une couleur posée avec un pinceau sur du papier.


Et pourquoi pas changer de pinceau, prendre une éponge ou un morceau de papier à la place. Ou peindre avec tes mains si tu n'as rien de tout ça. Mais là, il faut vraiment être autant à l'aise avec son corps qu'un bébé qui découvre la vie. Si la musique et la danse t'inspirent, tu peux te les guider par elles.


les émotions sous-jacentes


Que tu te lances à corps perdu dans un dessin ou une peinture, ou bien que tu essaies un petit bout de dessin timidement dans un coin, le pas est énorme et c'est bon, ça y est. Tu l'as fait. Tu as osé. Bravo et bravo, c'est fort. Peut-être que tu vis des retrouvailles avec le dessin. Ou bien une rencontre avec la peinture. Dans tous les cas, tu peux être bienveillant.e avec toi. Douceur, bravo, danse de la joie, des fleurs et de l'amour.


Pas froisser en disant que c'est raté, pas juger tout de suite. Simplement essayer d'observer comme un spectateur lointain. Parfois, le fait de passer par l'écrit aide à prendre du recul sur ce qui est là. On peut tenter de décrire le plus objectivement possible ce qui apparait sous les yeux.


Et puis cette expérience fait peut-être remonter des émotions. On peut noter des mots sur la peinture, en fonction de ce que l'on ressent. Ou bien on peut aussi écrire une lettre à ce dessin. Quand les mots sont sortis, posés sur le papier, ils nous appartiennent moins déjà. Ils sont hors du corps, posés là sur la feuille. Et ça fait tellement de bien!


Mille fois merci à la peinture et au dessin qui sont de supers moyens d'expression et de libération. Je souhaite à chacun.e de découvrir ce pouvoir de ce que j'appelle l'expression artistique. Enfin, si cela te tente, les portes sont grandes ouvertes. Si tu veux te lancer ou partager ton expérience, tu es la et le bienvenu.e. ici. Dans les ateliers créatifs que je propose ou bien sur ce blog.




PS: Je parlerai beaucoup plus dans ce blog des arts plastiques comme moyen d'expression de sa sensibilité, de ses émotions, de ses maux, de ses joies. C'est précisément cela qui m'intéresse dans le dessin, la peinture et autres arts visuels. C'est le fait de pouvoir faire vivre son imagination. De pouvoir exprimer ses ressentis de façon palpable et concrète. C'est tout simplement le pouvoir que l'on prend et cultive dans sa vie quand on crée et quand on se livre honnêtement et librement.




À bientôt,













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